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LES PRINCES DU FEU – Prologue

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     Les ombres filaient à toute allure, se répandant sur le sol comme des trainées obscures et veinant le sable roux de la cité d’Akhramentra. Un à un, elles recouvraient les bâtiments de pierres blanches et les chariotes branlantes, striant le bois, la roche ou même le métal. Rien ne leur résistait.

     Le vent s’était levé à l’Est ce matin-là. Des nuages noirs avaient annoncé leur venue : les Djinns approchaient ! L’alerte donnée, les habitants devaient se réfugier dans les abris construits à cet effet. Depuis dix ans maintenant, les créatures démoniaques attaquaient les régions limitrophes de Shanmara. Après avoir englouti le royaume d’Olahert, ces êtres maléfiques tournaient désormais leur intérêt sur les plaines orientales du grand Empire du feu. Adeptes de Kräam, maîtres brasier, dresseurs de dragons… Rien ne semblait pouvoir arrêter ce mal.

     Mais, bien avant que la corne ne résonne du haut des minarets, deux enfants jouaient tranquillement dans la cour du temple. Les orangers en fleur envoyaient leurs pétales valser autour d’eux. Une légère brise rafraîchissait l’air que l’astre du jour chargeait en chaleur. L’entrechoquement des épées de bois claquait par-dessus les sifflements enjoués des oiseaux tropicaux et quelques cris résonnaient parfois en échos contre les murs du patio.

     Un rayon de soleil dans les yeux, un caillou plus gros que les autres et l’un des deux frères tomba au sol, le dos dans l’herbe jaunie. Il s’agissait du plus jeune, du plus frêle. Son sabre factice lui échappa et le garçonnet à la chevelure bouclée leva un bras pour se protéger des coups que lui assenait son aîné.

     — Kylian ! Arrête ! Aïe ! Arrête, j’ai dit !

     Le plus grand cessa enfin l’assaut, mais garda tout de même sa lame pointée sur sa victime, le regard triomphant. Les cheveux plus lisses, la peau moins mate, on lui reconnaissait tout de même des airs du peuple des sables.

     — Arrête de faire le bébé, Samir. Relève-toi !

     — Tu triches !

     — Non, ce n’est pas vrai. C’est toi qui tombes sans cesse.

     Pris au piège, Samir leva une main qu’il referma sur l’arme. Entre ses petits doigts se créa une lueur incandescente et bientôt, des flammes s’échappèrent pour dévorer le jouet de bois. Dans un cri de surprise, Kylian lâcha l’épée qui rebondit sur le sol, puis il tapa rageusement du pied.

     — Là, c’est toi qui triches ! On avait interdit l’usage du feu !

     — Tu es trop grand, riposta l’autre en se relevant. Ce n’est pas juste. Jamais je ne pourrai gagner…

     Un vrombissement déchira le ciel de la cité. Un cri grave, présage de mauvais augure. Les oiseaux s’envolèrent dans une nuée éparse tandis qu’un brouhaha remontait des rues en contrebas. Le jeu s’acheva aussi sec et les petites têtes cherchèrent à comprendre d’où provenait tout ce remue-ménage.

     Deuxième alerte. Il leur sembla que des cris remontèrent jusqu’à eux.

     — Qu’est-ce que c’est ? demanda Kylian en s’approchant des murs de l’enclos.

     — Kylian ! Samir !

     Des pas précipités leur parvinrent et ils se retournèrent alors qu’une silhouette enveloppée d’un drapé blanc traversait le chemin pavé. Une femme au visage encore poupon. Elle ne dépassait pas la trentaine, pourtant, pouvait-on lire dans ses yeux le courage et la vivacité d’une reine. Des tâches de rousseurs venaient parsemer sa peau brune et un châle vaporeux recouvrait sa chevelure ébène.

     D’autres personnes la suivaient. Tous accouraient et affichaient cette même expression de peur. Parfois même, certains criaient, donnaient des ordres.

     La femme arriva au niveau des enfants et se saisit de leurs mains sans plus d’explications. Jamais ils n’avaient connu telle frayeur dans le regard de leur mère. Elle, cette femme si droite, si forte. Malgré sa petite taille, la reine Yasahël de Shanmara savait s’imposer. Son fort caractère n’était un secret pour personne.

     Les garçons se laissèrent entraîner, traversant le long couloir entièrement recouvert de mosaïques colorées et aux dessins géométriques. Des coupoles bombées venaient percer le plafond et des niches s’ouvraient sur de petits balcons recouverts d’avancées voûtées. Dégringolant des murs, des encensoirs déversaient une odeur âcre malgré les multiples ouvertures sur l’extérieur.

     Par-dessous les bras qui les poussaient à courir, les deux frères se jetaient des regards interrogateurs, au cas où l’un d’eux aurait su ce qui provoquait un tel affolement général.

     — Plus vite, pressait l’un des hommes qui les accompagnait.

     On reconnaissait à sa tunique dorée l’un des diplomates d’Akhamentra. Les autres hommes, serrés dans leurs pantalons de toile noire et chaussés de leurs grosses bottes à la pointe recourbée, revêtaient l’habit traditionnel des adeptes de Kräam : les grands guerriers du feu. Un sifflement remonta jusqu’à eux, suivit d’un bourdonnement, comme le ferait une tempête de sable. La lumière diminua d’un coup, les rayons du soleil ne passèrent plus. Les adeptes durent user de leur magie pour garder une visibilité suffisante. De petites flammes virevoltèrent autour du groupe, dansant comme des gerbes folles suspendues dans les airs.

     L’homme à la tunique dorée empoigna le bras de la reine.

     — Nous n’y arriverons pas… L’abri est trop loin.

     Il l’entraîna à sa suite dans une vaste salle de réception. Des tapis et coussins parsemaient le sol et des voiles en soie dégringolaient du plafond. La femme se plaça au centre de la pièce, les deux petits désespérément accrochés à ses mains. La peur inondait leurs yeux dorés alors que les adeptes refermaient et scellaient la porte d’entrée.

     Les guerriers usèrent de leurs dons pour apposer des sceaux lumineux sur les battants de fer. Le métal devenait incandescent lorsque des lignes, chauffées à blanc, dessinèrent une arabesque divine. Rien de maléfique ne pourrait plus passer par ici, mais la reine observait avec angoisse les multiples ouvertures perforant les murs. Impossible de toutes les sceller à temps ! Les ombres passeraient. Déjà, dehors, il faisait nuit noire et le bourdonnement s’intensifiait. C’était comme si des nuées d’insectes encerclaient le palais et s’écrasaient sur ses murs dans des clapotis sordides.

     Le regard d’Yasahël cherchait désespérément une solution. Elle devait mettre ses enfants à l’abri, protéger ses fils. Sa fouille se finit sur un coffre large d’environ deux mètres, solide et orné de dorures.

     — Mère, demanda timidement Samir. Que se passe-t-il ?

     — Les Djinns ! éclata Kylian en s’appuyant contre la reine. Ce sont les Djinns ! Ceux qui ont fait tomber Olahert et Tatkamba ! Ils enlèvent les gens et ne laissent derrière eux que des cités fantômes !

     Samir ouvrit de grands yeux ronds.

     — Nous allons mourir ?

     La reine émit un sifflement désapprobateur, mais elle ne pouvait dissimuler l’angoisse qui étirait ses traits. Déjà, des murmures incessants s’infiltraient par les niches. Des ombres anormales se déplaçaient sur les murs. Sans plus attendre, la gorge nouée, elle s’élança en direction de la malle et l’ouvrit pour en éjecter le contenu. Vases, toisons, parures… Tout finit au sol. Une fois vidée, Yasahël dressa un doigt autoritaire.

     — Dedans !

     Les garçons obéirent avec réticence et elle dut les pousser pour les obliger à s’agenouiller.

     — Je vais refermer la malle, expliqua-t-elle sans oser regarder ses fils dans les yeux, et utiliser le feu de Kräam pour la sceller. Les ombres ne pourront pas vous y trouver. Restez cachés dedans, ne sortez pas. Sous aucun prétexte !

     Les deux enfants s’alarmèrent, pris de panique. Leurs voix montèrent dans les aigües et s’entremêlèrent dans un mélange de cris réfractaires et de larmoiements.

     — Mais… Mère, et vous ? s’inquiéta Kylian.

     — Venez ! Venez ! Ne nous laissez pas.

     Les doigts fins de la reine se saisirent des mentons encore ronds de l’enfance et ses iris dorés, héritage des rois de Shanmara, se fixèrent dans ceux des petits. Ses lèvres tremblaient légèrement, mais sa voix se voulait sans failles. Elle ne pouvait faiblir devant eux.

     — Nous nous reverrons. Kylian… Tu es le grand frère. Protège Samir. Quoi qu’il arrive, quoi que vous entendiez, ne sortez pas.

     Le regard de la femme se fixa sur l’aîné et celui-ci ne put que garder la bouche close. Contrairement à son frère, il ne pleurait pas, mais son cœur s’effondra à cet instant.

     — Mère…

     Le couvercle se referma, le visage de la reine disparut sous les hurlements de ses fils. Samir s’agita alors qu’une lueur incandescente chassait les ténèbres de la petite caisse de bois. On venait de la sceller à l’aide du feu sacré. Le cadet tenta d’en ouvrir le sommet d’un coup d’épaule, mais Kylian le ceintura pour le maintenir tranquille. Les bras bloqués le long du corps, l’enfant se mit à hurler.

     — Laisse-moi sortir, Kylian !

     — Arrête, Samir ! Arrête ! Calme-toi !

     — On doit aider Mère ! On ne va pas la laisser dehors, se faire emporter par les Djinns !

     — Je dois te protéger, elle me l’a demandé…

     Leurs respirations saccadées envahissaient l’espace confiné et l’air paraissait de plus en plus irrespirable. Puis un grondement s’éleva. Des cris aigus, une cohue insoutenable et la malle fut prise de tremblements. Les deux enfants hurlèrent de frayeur. Kylian agrippait désespérément la chemise de Samir de peur de le voir également disparaitre. Le bruit du vent, une véritable tempête et soudain, tout se calma. Plus rien. Plus un son.

     Le cadet, en pleur, suppliait. Ses larmes perlaient sur le bras nu de son frère.

     — Sauve-la, Kylian. Sauve maman. C’est toi le futur roi. Tu dois l’aider. Tu dois la sauver. C’est ton rôle, c’est ta responsabilité !

     Perdu, choqué, l’aîné bafouilla sans réussir à desserrer son étreinte. Les muscles crispés de ses bras enserraient Samir dans un étau. Une vague hésitation, un refoulement de larmes et Kylian approcha son œil du trou de serrure. Par-delà, il n’aperçut que l’obscurité, puis une lumière l’aveugla. Clignant des yeux, il lui sembla distinguer une silhouette au centre de la pièce. Debout, les bras ballants, la tête basse, il reconnut les longs cheveux sombres de sa mère. Elle semblait endormie, le corps flasque. Le cœur de l’enfant bondit dans sa poitrine. Elle était là, elle était en vie ! Mais bien vite, il comprit que quelque chose n’allait pas. Son espoir s’effondra.

     Ses pieds… Ils ne touchaient pas le sol ! Ses orteils léchaient à peine le tissu des tapis. Kylian retint un étranglement quand quelque chose remua derrière la reine. Une longue forme noire se déroula, un humanoïde déformé, entièrement composé de ténèbres. Des yeux blancs, des contours vaporeux, des membres effilés… La chose tourna la tête dans sa direction, comme si elle pouvait le voir à travers le trou minuscule. Les doigts de Kylian se resserrèrent encore un peu plus sur la poitrine de son frère tandis que le corps de la reine s’élevait lentement dans les airs. La bête de fumée détendit son bras. Kylian ne vit que la dépouille être propulsée droit sur lui et il se jeta en arrière dans un éclat de sanglots.

     Les hurlements de Samir redoublèrent. Inlassablement, le cadet suppliait son ainé de porter secours à leur mère, de la sauver. C’était son devoir, sa tâche, sa responsabilité… Mais, tétanisé au fond de sa malle, les doigts si crispés qu’ils en devenaient douloureux, Kylian pouvait à peine ouvrir la bouche. Ses yeux fixe perçaient le noir de leur cachette, tandis que de maigres murmures filtraient entre ses lèvres tremblotantes.

     — Je… Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas…

     Des heures durant, ils restèrent ainsi, blottis l’un contre l’autre. Samir pleurant, Kylian pétrifié par l’horreur. Aucun corps ne fut retrouvé, pas de sang. Tous avaient été emportés.

« Je crois que c’est à cet instant que mon histoire débuta, que je me mis à me dérober de mes devoirs. Fuir mes responsabilités, plutôt que d’avoir à assumer un échec. Comment aurais-je pu régner avec ce poids sur la conscience ? Quel mérite avais-je ? Plus jamais je ne voulais revivre cela. Plus jamais je ne voulais porter cette culpabilité. »

 

2

DEVICE – Prologue

 

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   Le lampadaire envoyait ses rayons lécher la carrosserie racée de la Holden Commodore. Assis à la place conducteur, Liam laissait ses doigts pianoter nerveusement sur le volant.

     Leur couverture était infaillible. Qui imaginerait un seul instant qu’un flic se trouvait à l’intérieur d’un tel véhicule ? Surtout ici, à Melbourne. On les voyait plus souvent tourner en vieille Toyota rouillée qu’en General Motors flambant neuve. La ville resserrait depuis des années le budget des forces de l’ordre.

    Au bout de la petite ruelle, on apercevait les pierres blanches composant la façade nord de la banque. De solides barreaux protégeaient ses fenêtres en verre renforcé. Des dispositifs de sécurité parsemaient les jardins extérieurs et les systèmes les plus évolués prévenaient de toute intrusion. Une bonne dizaine de voitures banalisées encadraient également le périmètre, et pourtant, Liam n’arrivait pas à rester serein.

      La portière côté passager s’ouvrit. Riley apparut. Il tira un coup sec pour refermer sa braguette avant de s’engouffrer à l’intérieur de l’habitacle.

    — C’est vraiment mort dans le coin, constata-t-il en reprenant son sandwich abandonné dans la boîte à gant. Y’a pas un chat.

       Liam observa son collègue engloutir son encas, se faisant la réflexion qu’il aurait pu prendre la peine de se désinfecter les mains avant de manger. Mais Riley n’avait jamais brillé ni par sa finesse ni par son sens de l’hygiène. Quelques miettes et un résidu de charcuterie se coincèrent dans sa barbe blonde.

       — Quoi ? s’étonna l’autre en apercevant sa grimace dégoûtée.

  Liam secoua vaguement la tête pour toute réponse. Ses muscles, crispés par l’appréhension, devenaient douloureux.

     — Détends-toi, lui conseilla son coéquipier pour la énième fois de la soirée. On a l’impression qu’on t’emmène à l’abattoir.

       — Ça me gonfle d’être coincé là, marmonna Liam en fixant à nouveau le bâtiment au loin. Je devrais être au stade à encourager les Victory, au lieu de planquer ici, avec toi.

       — Arrête de râler. Au pire, mets la radio si tu veux suivre le match…

       — On bosse, là. Je veux pouvoir entendre si quelque chose de bizarre se produit.

      — Tu veux qu’il se passe quoi, au juste ? rétorqua le barbu en attrapant une canette de soda pour l’ouvrir. Y’a trente gars qui surveillent cette banque. Si le type est aussi malin qu’il y paraît, il laissera tomber l’affaire et ira en braquer une autre.

      — Il s’en fout du nombre de flics, andouille. C’est un magicien. Cinquante ans qu’on lui court après. Il a déjà dû contourner des systèmes de sécurité bien plus tordus que celui-là…

      Un grésillement retentit, la lumière du lampadaire vacilla légèrement. Soudainement atteints de mutisme, les policiers observèrent avec inquiétude ce phénomène qui faisait osciller la luminosité dans la ruelle. Après quelques clignotements réguliers, l’ampoule finit par retrouver son intensité d’origine et tous deux se détendirent. Le calme revint. Dans un soupir, Riley se laissa retomber contre le dossier de son siège. Il avait beau parler, il semblait tout aussi nerveux que son collègue.

      — Moi, enchaina-t-il comme si rien ne s’était passé, ce qui m’emmerde, c’est que ça devrait être à la police des magiciens de se charger de ça. Sérieusement ! Voir à la FPNU[1]. Il n’est même pas australien ce « Device ». S’ils voulaient vraiment le coincer, ils auraient envoyé des anti-mages et tout le pataquès.

       Liam se gratta la joue. Il était bien d’accord avec ce constat, mais les Nations Unies ne dépêchaient pas ses Forces Protectrices pour se charger d’un vulgaire voleur de bijoux. Ils avaient d’autres chats à fouetter, la situation en Amérique ne cessait de dégénérer.

       — Tu veux un Pepsi ? demanda son associé en tendant une canette.

       Liam repoussa le bras de son collège avec précaution.

       — Je ne veux rien qui vienne de toi. Pas avant que tu te sois lavé les mains.

     Cette dernière phrase jeta un froid. Une tension régnait entre les deux amis depuis près d’une semaine, sans doute due aux échanges houleux du week-end précédent. Riley buvait trop, et lorsqu’il en abusait, il devenait carrément insupportable.

       Le silence pesa lourdement dans l’habitacle de la Commodore. Liam se sentit un peu nauséeux, sans vraiment savoir pourquoi. Une légère aigreur à l’estomac accompagnée de vertige. Sans doute la fatigue. La semaine avait été longue.

      Riley s’agita à côté de lui, posa son soda sur l’accoudoir et pointa le lampadaire d’un doigt.

       — Tu as vu ça ? s’étonna-t-il.

    Avant même que Liam ne lui réponde, le barbu s’extirpa de la voiture pour s’approcher lentement de la source lumineuse. Sans bouger de son siège, Liam plissa les yeux. Oui. Quelque chose n’allait pas. Le verre entourant l’ampoule et tout le haut du pylonne lui parurent étrangement… flous. Une bourrasque se leva, les contours du lampadaire se déformèrent, se fripèrent, comme de la fumée chahutée par le vent. Un filet de particules se détacha de l’objet avant de s’évaporer.

     Qu’est-ce que… Liam se pencha légèrement sur le volant, scrutant l’étrange phénomène avec une angoisse grandissante. Un frisson remonta le long de son dos.

     Un hurlement résonna, lui provoquant un sursaut spectaculaire. Son genou frappa durement contre le volant et un cri de douleur lui échappa. Au milieu de la ruelle, Riley fut happé par le sol. Littéralement. Son corps disparut, s’enfonçant dans le goudron comme s’il s’agissait de sables mouvants. Le noir de la route se plissa alors que sa silhouette fut avalée, de petites vagues remontèrent en direction de la voiture avant de se stopper à quelques mètres des roues.

       Liam sortit à son tour, maladroitement, hésitant. Il s’avança en attrapant son arme à deux mains, mais cela servait-il réellement à quelque chose ? Cette histoire transpirait la magie ! Que pouvait faire une vulgaire arme à feu face à une force inexpliquée ?

        — Riley ?

       Sa botte s’arrêta à quelques centimètres de l’endroit où avait disparu son collègue, les vagues noires et grumeleuses vinrent lécher ses semelles. Un geyser obscur, puis une tête apparut dans un cri étranglé. Riley émergea d’un coup, agitant les bras et envoyant des éclaboussures sombres en tous sens. Liam observa avec surprise les gouttes perler sur son avant-bras. Il en écrasa une du bout de son doigt.

       — De l’eau ? bredouilla-t-il

       L’illusion s’effondra. Elle s’écroula sur elle-même comme les fondations d’une cité fantasmagorique, se désagrégeant en un nuage de particules colorées emportées par le vent. Le rideau s’ouvrit, la toile fictive se déchira. La ruelle disparut. Les murs de pierres, les grilles des maisons, les éclats des téléviseurs par-delà les fenêtres, le calme ambiant… Tout fut balayé, remplacé par un paysage bien différent.

       D’un coup de brasse, Riley s’accrocha à la plateforme. Il poussa un juron avant que son collègue ne l’aide à remonter. L’infortuné extirpé des eaux, Liam se redressa lentement puis tourna sur lui-même, effaré. La Commodore trônait au centre d’une petite plateforme métallique de quelques centimètres d’épaisseur, flottant en plein milieu du Yarra. On les avait téléportés à leur insu… Oui, mais depuis combien de temps ? Le son revint lourdement percuter les tympans des policiers. Des cris et une alarme remplacèrent l’illusion du silence dont ils avaient été victimes. Autour d’eux, une trentaine d’autres voitures dérivaient sur le fleuve. Des agents, encore sous l’emprise de la magie, tombaient en sortant de leur véhicule. D’autres, encore, hurlaient alors que la plaque supportant leur berline penchait dangereusement.

       Un hélicoptère les survola, envoyant le faisceau d’un projecteur balayer l’étendue du désastre. La scène, vue d’en haut, prenait des apparences d’apocalypse : une nuée de carcasses métalliques menaçant de sombrer à tout instant, des appels au secours, le son languissant d’une alerte… Au loin, sur la berge, s’élevait la haute silhouette de la banque. Le cri strident de l’alarme provenait de l’intérieur du bâtiment, des lumières rougeoyantes s’extirpaient des fenêtres.

      Le voleur aux Rubis avait encore frappé.

 

[1] Forces protectrices des Nations Unies

 

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Device – mon dernier projet de roman en cours

Du nouveau sur « L’Apprentie Faucheuse »

Le premier tome de « Rouge Sang et Noir Corbeau »  fait son petit bonhomme de chemin et quelle joie !

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Aujourd’hui, vous êtes des centaines à avoir parcouru ses pages ou à le tenir dans votre PAL. Merci à tous ceux qui ont déjà craqué !
Et l’aventure ne fait que commencer car le tome 2, « La Santa Muerte » est en route, tandis que « L’Apprentie Faucheuse » continue de séduire en devenant la nouvelle saga phare des Édition Le Héron d’Argente et en étant présélectionnée pour le Prix de l’Imaginaire :
Voir le site du #PLIB2020

Pour continuer sur cette magnifique lancée, j’ai besoin de vous, les fantômes !
La visibilité d’un roman dépend de ses lecteurs. Si vous avez lu les aventures d’Amélia et de Rain, n’hésitez pas à laissez un message, un avis !
Amazon, Fnac, Facebook ou bien même en m’envoyant un petit message. Sans vous, La Sanctuaire de la Mort restera dans l’ombre…

Pour ceux qui hésitent encore à craquer et à partir à la chasse aux fantômes, je vous laisse quelques extraits et les avis de quelques chroniqueurs.

Bises Mortelles,

J.ROBINrain-extraits

ILS PARLENT DE L’APPRENTIE FAUCHEUSE :

Etoile livresque : https://etoilelivresque.blogspot.com/2019/04/lapprentie-faucheuse-jrobin.html

La Tasse Ébréchée : https://latasseebrechee.weebly.com/chroniques/lapprentie-faucheuse

Rêves et Imagines : https://revesetimagines.blogspot.com/2019/04/rouge-sang-noir-corbeau-tome-1.html

La Magie des Livres : http://lamagiedeslivres.weebly.com/livres-fantastiques/april-09th-2019

Andrea Deslacs : https://andreadeslacsfantasy.com/monde-de-sfff/mes-lectures-fantasy/lapprentie-faucheuse-j-robin/

L’Imaginaerum de Symphonie : https://limaginaerumdesymphonie.wordpress.com/2019/04/07/lapprentie-faucheuse-justine-robin/

Etoile Livresque : https://etoilelivresque.blogspot.com/2019/04/lapprentie-faucheuse-jrobin.html

Les Mots de Violette : https://lesmotsdeviolette.wixsite.com/lesmauxdeviolette/post/rouge-sang-noir-corbeau-j-robin?fbclid=IwAR0hbIR11kjIFeI_a9GFWAGL70HySTM4_A4dAL035fR8z34iligusXlwetc

Ophélie Duchemin : https://www.facebook.com/ophelieducheminauteur/photos/a.1047088595434545/1703824639760934/?type=3&theater

Découvrez l’article dans le magazine Etherval https://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146606019

L’Apprentie Faucheuse – dernière ligne droite avant la sortie !

C’EST OFFICIEL : L’Apprentie Faucheuse sortira le 13 mars 2019. Tout juste avant Livre Paris!

Découvrez un Book Trailer réalisé pour cette occasion et entrez au service de la Mort !

Je serai sur le Stand du Héron d’Argent dès le vendredi 15 mars, à partir de 15h30, pour les dédicaces ! Entre celles que je vais devoir faire des précommandes et vous tous, qui m’avez indiqués passer me voir, je ne vais pas chômer !

Pour l’occasion, un événement Facebook a été créé. Vous pourrez ainsi vous tenir informé des dernières nouvelles et, qui sait, peut-être y découvrir un indice pour remporter quelques cadeaux surprises 😉

Lien vers l’évènement

Numéro du Stand du Héron d’Argent : S46

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J.ROBIN – Livre Paris 2019

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Pour la troisième année consécutive,retrouvez J.Robin à  LIVRE PARIS !

Vous pourrez y obtenir votre exemplaire de L’Apprentie Faucheuse, tome 1 de Rouge Sang et Noir Corbeau, dont ce sera le tout premier salon !

(Goodies et surprises sont prévus pour l’occasion !)

  • Le Vendredi, de 10h à 15h sur le Stand des Editions Sharon Kena,
  • Le Vendredi, de 16h à 19h, le samedi de 10h à 20h et le dimanche de 9h à 15h sur le Stand des Editions le Héron d’Argent
    Présente également le jeudi soir, pour l’inauguration.

 

Retrouvez toutes les informations sur l’événement Facebook :  Lien vers l’évènement

Nouvelles format papier, bijoux, flyers, cartes… Amélia, Rain et tous les personnages du Sanctuaire de la Mort vous attendent.

 

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Précommandes de L’Apprentie Faucheuse ouvertes !

C’est officiel les fantômes !

OUVERTURE DES PRECOMMANDES de « L’APPRENTIE FAUCHEUSE » ( Rouge Sang et Noir Corbeau, tome 1 ) !

Finitions luxueuses : dorures, vernis sélectif, illustrations intérieures couleur, gravures…
En savoir plus / précommander :http://ow.ly/jSng50jL6Vq

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ET POUR L’OCCASION…
sachez que si vous choisissez la version dédicacée, vous ferrez partie des du tirage au sort pour remporter le PACK SURPRISE !

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